
À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque 05 octobre, le Professeur Jean-Paul Yawidi a proposé de nouvelles appellations pour les différents niveaux et structures du système éducatif en République démocratique du Congo (RDC). Il a présenté ces propositions ce lundi 5 octobre, lors d’une conférence organisée au Lycée Toyokana, dans la commune de Kasa-Vubu, autour du thème : « 66 ans après son indépendance, la République démocratique du Congo n’a pas de système éducatif véritablement intégré : de l’illusion éducative à la construction d’un système de développement ».
Selon le professeur, ces changements de terminologie visent notamment à repenser la manière dont le système éducatif congolais est conçu et perçu.
Voici les dix appellations proposées :
a. L’école deviendrait « espace de formation et de vie » ;
b. La classe deviendrait « communauté d’apprentissage » ;
c. Les 1re et 2e années constitueraient le « cycle d’éveil et d’initiation » ;
d. Les 3e et 4e années formeraient le « cycle de consolidation » ;
e. Les 5e et 6e années deviendraient le « cycle d’ouverture » ;
f. Les 7e et 8e années constitueraient le « cycle d’orientation et de maturation »;
g. Les humanités deviendraient le « cycle de spécialisation et d’engagement » ;
h. L’enseignement supérieur serait appelé « formation supérieure et d’expertise » ;
i. L’Université deviendrait la « Cité du savoir et de l’innovation » ;
j. L’École doctorale serait dénommée « Temple du savoir et de la pensée scientifique ».

Dans son exposé, le Professeur Jean-Paul Yawidi a estimé que la RDC dispose davantage d’« îlots éducatifs » que d’un véritable système intégré. De la maternelle à l’enseignement supérieur, chaque niveau fonctionnerait selon sa propre logique, entraînant des ruptures entre les cycles, une faible articulation entre la famille, l’école et la société, ainsi qu’une désorientation scolaire et une « déscolarisation professionnelle » des diplômés. Pour lui, avoir des écoles ne signifie pas nécessairement disposer d’un système éducatif. Celui-ci doit reposer sur une finalité claire, une articulation cohérente entre les différents niveaux, une orientation adaptée des apprenants et une contribution directe au développement de la Nation.

Le Professeur estime ainsi que la transformation du système éducatif passe d’abord par un changement de conception. « Pour construire autrement, il faut d’abord penser autrement », a-t-il souligné, estimant qu’un concept traduit une manière de voir et finit par orienter l’action. La cérémonie a également été marquée par les prestations d’élèves issus de plusieurs établissements scolaires de la commune de Kasa-Vubu.
Au programme figuraient des danses, des poèmes ainsi qu’une saynète représentant un procès en hommage aux victimes des atrocités commises dans l’Est de la RDC. Ces différentes productions ont illustré l’engagement de la jeunesse scolaire face aux réalités du pays. La cérémonie s’est clôturée par la remise de diplômes d’honneur et de mérite à des enseignants et membres du personnel de la Sous-Proved de la commune de Kasa-Vubu, en reconnaissance de leur dévouement au service de l’éducation.
EK
