
De la conception, validation et l’utilisation, le laboratoire virtuel « Bazin-R Virtlab » a été présenté, ce samedi 28 mars 2026, comme une solution palliative aux multiples difficultés que rencontrent les élèves du secondaire à propos d’un savoir dans le domaine de la physique mais aussi de redonner l’aspect pratique à l’évaluation de physique dans les écoles, notamment lors de passation de l’épreuve de jury pratique à l’examen d’Etat.
Le Chef de travaux Rama Bazangika Musunda Wa Sadi de la Faculté des Sciences, Département de Physique et Sciences appliquées de l’Université Pédagogique Nationale (UPN). Concepteur du projet de ce laboratoire virtuel pour les écoles de Inkisi et Kimpese dans la province du Kongo-central, il a fait comprendre que Bazin-R Virtlab (BRVL) vise aussi l’implémentation dans les établissements scolaires publics et privés de l’ensemble République Démocratique du Congo. Sa recherche a comme thème : « Conception, validation et utilisation de Bazin-R VirtLab pour la correction des représentations initiales-obstacles et l’intégration de la pratique expérimentale en mécanique classique »
« La thèse n’est pas la fin en soi, c’est le début du commencement de la recherche. Donc, c’est la recherche qui commence maintenant. Nous devons aller plus loin, parfaire l’étude pour aider notre pays à avancer. Nous avons conçu un laboratoire virtuel qui a été validé par un panel d’experts et sert à corriger les pensées primitives qu’expriment les apprenants. Et aussi, ça sert à pragmatiser l’épreuve pratique de physique.
La plus grande distinction, je pense que c’est une mention méritée ; au vu des étapes parcourues et de la rigueur méthodologique mis en place pour arriver aux résultats finaux », a déclaré le docteur Rama Bazangika Musunda Wa Sadi à Univ7sur7.
La collaboration entre le virtuel Bazin-R Virtlab et le réel n’est pas exclue !

La thèse de Monsieur Rama Bazangika appelle à la mise en place d’une approche hybride combinant le BVRL (son laboratoire) pour la détection et la correction des RIO avec un laboratoire réel ou des manipulations simples pour l’approfondissement quantitatif des notions, répondant ainsi aux limites soulevées par Altalbe et Smetana & Bell mais également la formation continue des enseignants à l’approche sociogénético-constructiviste (gestion des groupes hétérogènes, animation du conflit sociocognitif, métacognition) et à l’utilisation technique de BRVL et l’équipement des écoles en solutions de secours électrique (batteries, panneaux photovoltaïques) et en tablettes numériques (une pour 4-5 apprenants) pour garantir un accès équitable.
Le recours à l’IA et l’adaptation du projet à d’autres pays africains sont également envisagés
« L’intégration de l’intelligence artificielle dans BRVL représenterait une évolution majeure. Des algorithmes d’apprentissage automatique pourraient analyser les erreurs des apprenants en temps réel et proposer des corrections adaptées à leur niveau, assurant un tutorat automatisé et un feedback personnalisé. L’IA permettrait également d’interpréter les résultats expérimentaux et d’aider les utilisateurs à identifier les tendances et les sources d’erreur. Au-delà des profils kinesthésique et visuel actuellement sollicités, l’intégration d’une interface vocale faciliterait l’interaction et la compréhension des concepts. Cette évolution nécessitera toutefois une infrastructure numérique plus avancée, un investissement en temps de développement et une attention accrue à la sécurité informatique », note le chercheur de l’UPN.
Avant de poursuivre :
« Enfin, le développement d’une version multilingue intégrant, outre le français, les principales langues nationales (lingala, swahili, kikongo, tshiluba) élargirait l’accessibilité de l’outil et faciliterait son appropriation par les apprenants dont le français n’est pas la langue maternelle.La création d’une plateforme collaborative réunissant chercheurs, enseignants et décideurs autour de BRVL favoriserait l’amélioration continue de l’outil et la mutualisation des ressources pédagogiques. L’adaptation de BRVL à d’autres pays africains francophones, en partenariat avec les institutions éducatives locales, permettrait de tester la transférabilité du modèle et de contribuer, à une échelle plus large, à l’amélioration de l’enseignement des sciences sur le continent »
Originaire de la ville de Mbanza-Ngungu dans la province du Kongo-central, Monsieur Rama Bazangika Musunda Wa Sadi fut Secrétaire Général Académique et Secrétaire Général Administratif de l’ISTA Gombe-Matadi entre 2016 et 2024, Licencié de l’Institut Pédagogique Nationale en 2004, il est revenu à l’UPN en 2018 pour une Licence spéciale en Physique avant de soutenir son DEA en 2022 en Didactique de Physique et Évaluation à la Faculté des Sciences.

