
Lors de sa messe scientifique tenue ce jeudi 12 mars 2026 dans l’amphithéâtre K2, le Professeur Jean-Paul Yawidi Mayinzambi a révélé quatorze (14) dérives de la formation doctorale actuelle en République Démocratique du Congo, occasionnant la perte de l’authenticité scientifique et destruction de la pensée critique et créative. De « la bureaucratisation de la recherche en passant par l’absence d’un véritable accueil et orientation des apprenants inscrits à l’école doctorale jusqu’au recours mécanique à l’intelligence Artificielle par les candidats lors de la rédaction des travaux »
Le Coordonnateur du Centre de Recherche Interdisciplinaire de l’UPN (CRIDUPN) a également proposé le remplacement de l’appellation République Démocratique du Congo par République Kongo, coeur de l’Afrique (RKCA). Ce qui, selon lui, va témoigner au monde une nouvelle conscience de nous mêmes en tant que peuple et conduira au développement effectif.
« … J’ai proposé que le nom de notre pays puisse être changé. Au lieu que nous soyons toujours appelés RDC. Désormais, nous serons appelés République Kongo, cœur de l’Afrique. Les habitants de ce pays seront appelés Kongolais avec K ou soit les cœuriens. C’est alors que ça doit témoigner, à suffisance, combien nous prenons une certaine distance vis-à-vis de ceux qui veulent que nous soyons ce que eux veulent que nous soyons », a déclaré monsieur Yawidi à la presse.
Dans la salle K2 de l’UPN, en présence de madame la Rectrice, Professeure Yvonne Ibebeke Bomangwa, les membres du Comité de Gestion, les invités et cadres scientifiques de l’Université Pédagogique Nationale, Monsieur Yawidi fustige, notamment :
- La bureaucratisation de la recherche doctorale.
- L’absence d’un véritable accueil et orientation pour le doctorant après son inscription
- La primauté du texte sur la réflexion.
- Confusion entre enseignement universitaire classique et formation doctorale.
- Rupture de la relation formative entre doctorant et son encadrant.
- Absence des mécanismes rigoureux contre la fraude académique.
- Le doctorat remis à une intelligence académique.
- Le recours mécanique à l’IA.
- La banalisation des travaux pratiques.
- Évaluation mécanique.
- Soutenance de travaux vidée de la rigueur scientifique.
- La déconnexion entre recherche et réalités du pays.
- Zombification académique.
- Usurpation ou banalisation du statut professoral.
En trois axes, son intervention se veut être un appel à la conscience collective pour la protection de la patrie face à un système de pensée devenu obstacle au développement effectif et non une démarche qui s’inscrit dans l’opposition aux réformes engagées dans différents secteurs de recherche en RDC. Il a évoqué les devoirs des paroles et la responsabilité dans la communauté universitaire, les dérives de la formation doctorale en RDC et les voies de réhabilitation pour libérer la pensée critique et créative.
Développer le pays par la formation des esprits de qualité !
« Déjà, le climat dans lequel doit s’organiser la formation doctorale détermine celui qui vient en formation à prendre des nouvelles attitudes. Malheureusement, on vient en formation doctorale, on sort de cette formation sans avoir été transformé. C’est là qu’il y a le problème. Pour ces raisons, je parle de la réhabilitation structurelle. Le système doit changer de façon à ce que nous ayons réellement des docteurs. Cela engage l’avenir de notre pays. Le développement de notre pays est fonction des esprits, de la qualité des esprits que nous allons former. Et ces esprits, lorsqu’ils sont de qualité, c’est alors que nous allons réfléchir pour le développement et imposer les actions de développement pour que le pays se développe. Sinon, nous allons rester là où nous sommes ; en train de nous plaindre. Et quand on se plaint : on n’agit pas, on entérine la destruction », a déclaré le Professeur Yawidi.
Transition entre l’indépendance physique et développement effectif

Avant de poursuivre : « Nous sommes toujours prêts pour répéter ce que les autres ont construit mais nous ne construisons pas. Nous avons eu une première indépendance, c’est l’indépendance physique telle que l’obtient un enfant qui est sorti du ventre de sa mère et on vient couper le cordon ombilical. L’enfant se détache physiquement de sa mère. Nous nous sommes physiquement détachés du colonisateur : C’était notre première indépendance. Mais il nous faut une deuxième indépendance, l’indépendance mentale qui nous ferra accéder à la deuxième république. Après, ça sera l’indépendance spirituelle, et nous accéderons à la quatrième république lorsque nous allons commencer le processus du développement de notre pays »
Josué Nsema International

