
La journée du vendredi 15 Mai a été marquée par la soutenance publique de thèse du Chef de Travaux Gabriel Kamba Benza, en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Politiques et Administratives. La cérémonie s’est tenue à la bibliothèque numérique de la Faculté de Médecine de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), en présence des autorités académiques, notamment la Secrétaire Générale Académique, la Professeure Langwana Kiwani Félicité, représentant le comité de gestion de l’université.
Intitulée « Gouvernance décentralisée des chefferies face aux contraintes locales : évolution du paradigme vers un modèle-solution », cette recherche doctorale s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de décentralisation en République Démocratique du Congo. À travers cette étude, le désormais Docteur Gabriel Kamba Benza analyse les difficultés qui freinent l’application effective de la décentralisation au sein des entités territoriales décentralisées et particulièrement des chefferies.
Le jury ayant évalué cette thèse était composé de plusieurs Professeurs et experts du domaine, à savoir :
- Professeur Ekala Bokoswa : Président du jury ;
- Professeur Bomandeke Boyenka : Secrétaire du jury ;
- Professeur Éric Patrick Olivier Kazekele Mbele : Promoteur ;
- Professeur Musao Kalombo : Co-promoteur et membre effectif ;
- Professeur Omeonga Tongomo : Membre effectif ;
- Professeur Kamanda Londo : Membre suppléant ;
- Professeur Ingange Ikyo Bangwa : Membre suppléant.
Au cours de sa défense, Gabriel Kamba Benza a expliqué que sa recherche met en évidence plusieurs obstacles à la gouvernance décentralisée des chefferies. Selon lui, ces contraintes se situent principalement à deux niveaux. D’une part, les contraintes liées à l’origine anthropologique des chefferies, notamment l’hérédité des charges politiques, l’absence d’alternance au pouvoir, le culte de la personnalité ainsi que le caractère sacré du pouvoir traditionnel. D’autre part, les contraintes liées au système politique congolais, caractérisé par un dualisme dans la gestion des chefferies, partagé entre les normes juridiques modernes et les règles coutumières.

Prenant la parole, le Professeur Éric Patrick Olivier Kazekele Mbele, promoteur de la thèse, a souligné l’importance scientifique et politique de cette recherche. Il a rappelé que la République Démocratique du Congo expérimente la décentralisation depuis 1982 et que, quarante-quatre ans (44 ans) plus tard, les résultats attendus peinent encore à se concrétiser. Selon lui, cette thèse apporte des pistes de solutions concrètes susceptibles de contribuer à la réforme de la gouvernance locale et à l’amélioration du fonctionnement des chefferies.
Le promoteur a également insisté sur la nécessité d’adapter le cadre légal congolais afin de renforcer la gouvernance des chefferies. Il a évoqué, à titre d’exemple, la question de la représentativité des notables au sein des conseils de chefferie, estimant que certaines réalités actuelles nécessitent des ajustements législatifs. Cette œuvre scientifique formule ainsi plusieurs recommandations portant à la fois sur l’adoption de nouvelles lois, la réforme des pratiques administratives et l’évolution des comportements politiques et sociaux.
À travers cette thèse, le Docteur Gabriel Kamba apporte une contribution scientifique majeure au débat sur la gouvernance locale en RDC. Son travail ouvre de nouvelles perspectives de réflexion sur la modernisation des chefferies et sur les mécanismes susceptibles de concilier traditions coutumières et exigences de l’État moderne.
