
La salle Kimia de la MONUSCO Utex, à Kinshasa, a servi de cadre ce jeudi 28 Mai à une conférence de haut niveau consacrée au leadership féminin en République Démocratique du Congo. Organisée par l’ASBL Kiongozi Wa Thamani, cette rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels, représentants des organisations internationales, membres de la société civile, leaders communautaires et jeunes engagés autour du thème : « Justice et action collective pour un leadership féminin d’impact en RDC ». Une activité qui a placé la question des droits des femmes et de leur participation active au développement national au centre des réflexions.
Dans son mot d’ouverture, Susanne Akumu Tahirih, Présidente et initiatrice de l’ASBL Kiongozi Wa Thamani, a rappelé que cette conférence se voulait avant tout un espace de sensibilisation et de conscientisation. Selon elle, les échanges ont permis d’analyser les mécanismes mis en place aussi bien par l’État congolais que par les acteurs de la société civile pour promouvoir les droits des femmes et renforcer leur accès à la justice. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité d’outiller les femmes afin qu’elles connaissent leurs droits, mais également les dispositifs existants pour les accompagner en cas de violation.
Au cours des panels, plusieurs intervenantes et experts ont partagé leurs expériences et formulé des recommandations fortes. Madame Marie-Claude Kazal, Directrice Générale du Fonds National pour la Promotion de la Femme et la Protection de l’Enfant (FONAFEN), représentant la Ministre du Genre, Famille et Enfant, a abordé la question de la simplification et de la transparence dans l’accès des femmes au foncier. De son côté, Denise Vila, Bourgmestre adjointe de la commune de Lingwala, a démontré combien le leadership féminin demeure un levier essentiel dans la gouvernance locale et la transformation des communautés.
Les échanges ont également été enrichis par l’intervention de Sylvain Mabika, expert à ONU-Femmes, qui a souligné l’importance de la participation effective des femmes médiatrices dans les processus de paix et de dialogue en RDC. Pour sa part, Eliza Nedyalkova, Ressource Mobilization Manager de CARE International, a développé les stratégies de plaidoyer et de mobilisation des ressources nécessaires pour accroître la présence des femmes dans les sphères de prise de décisions. Madame Sylvie Komotir, représentante de la Direction Générale Adjointe du Fond de Garantie pour l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), a quant à elle insisté sur les mécanismes d’accompagnement entrepreneurial destinés aux femmes congolaises.
Au-delà des interventions, cette conférence s’est distinguée par la richesse des échanges entre participantes et participants issus de diverses communautés de Kinshasa. Les discussions ont mis en lumière les blessures sociales, économiques et institutionnelles auxquelles les femmes continuent de faire face, mais aussi les nombreuses initiatives capables de transformer ces défis en opportunités de changement. Dans une atmosphère marquée par l’écoute et l’engagement collectif, plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer la sensibilisation communautaire et encourager une plus grande solidarité autour de la cause féminine.
Clôturant les travaux, Susanne Akumu Tahirih a annoncé la poursuite des actions de terrain à travers des campagnes de sensibilisation dans plusieurs communes de Kinshasa. Pour l’ASBL Kiongozi Wa Thamani, cette conférence ne constitue pas une finalité, mais le point de départ d’une dynamique plus large visant à bâtir une société où chaque femme connaît ses droits, peut les défendre et participer pleinement au développement de la RDC. Une vision portée par la conviction qu’aucune nation ne peut atteindre une paix durable ni un véritable développement sans l’implication active et valorisée des femmes.
