
1.000 FC. 2.000 FC, c’est le tarif qui varie selon les facultés et les établissements. Dans les bibliothèques et centres de recherche des universités de la RDC, il faut désormais payer pour lire un mémoire, un TFC ou une thèse de Doctorat soutenue il y a cinq, dix, parfois 20 ans.
Officiellement, c’est pour « l’entretien ». Dans les faits, c’est un business silencieux.
Le circuit est simple ! Un étudiant finaliste passe une année académique à chercher, écrire, imprimer à ses frais le mémoire. Il dépose des copies au Département, et ces exemplaires sont distribués à la bibliothèque, centre de recherche et autres « pour la science » Des mois et années plus tard, un autre étudiant vient consulter le même travail. Le service fait payer l’accès et la consultation.
L’argent entre dans la caisse de la bibliothèque de l’université. Pendant ce temps, l’ étudiant auteur du travail scientifique, il n’est ni prévenu, ni associé, ni rémunéré.
Le vide juridique qui arrange tout monde En RDC, des textes universitaire semblent ne pas donner une précision à ce que devient un travail scientifique d’un étudiant après dépôt et défense. Pas de contrat signé avec le département ou la faculté, pas de droit d’auteur appliqué, pas de pourcentage à la consultation. Les universités congolaises considèrent ces travaux comme « patrimoine institutionnel ». Les auteurs, eux, considèrent qu’on exploite leur propriété intellectuelle. En conséquence, le savoir circule, mais seulement dans un sens. De l’auteur vers l’institution.Le seul maillon de la chaîne qui ne gagne rien, c’est celui qui a produit le savoir, donc l’étudiant. Devons-nous continuer à parler d’un silence qui coute cher ?Aujourd’hui des milliers de travaux sont en cours de rédaction. C’est la coutume chaque année académique. Demain, ces mémoires seront numérisés dans les bibliothèques et centres de recherche des universités et instituts supérieurs et peut-être vendus en ligne. La même question reviendra : à qui reviennent les recettes ?
La rédaction
