
Le 25 mai n’est pas férié en République Démocratique du Congo. Pourtant, dans les sites universitaires, notamment à Kinshasa, la journée porte une signature particulière. C’est le « Noël » kimbanguiste, date de naissance du prophète Simon Kimbangu, célébrée par des millions de fidèles à travers le pays et le monde. Sur les campus, le constat est visible sans témoignage : les habitudes changent au fil du temps.
Le 25 mai 2026 coïncide avec la mi-session et/ou première session d’examens. Programmée du 15 mai au 10 juin dans la majorité des établissements publics. Dans les auditoires, les files d’étudiants habituelles devant les valves et les salles d’examen ont été aussi réduites. Le flux piéton étudiants et personnel ESURSI sur les grandes artères des campus de la Ville-Province de Kinshasa a été nettement inférieur à celui d’un jour d’examen ordinaire. Dans des Universités et Instituts Supérieurs, les honoraires annonçaient des réaménagement.

A l’Université Simon Kimbangu de Kinshasa, le 25 mai porte la signification d’une journée déclarée férié. Cours reportés, activités académiques suspendues. Dans d’autres établissements, les epreuves ont été maintenues ; signe de respect du calendrier académique. Dans les universités congolaises, il y a aussi des appariteurs et personnel administratif concernés par la célébration puisque Kimbanguistes depuis la naissance et/ou depuis plus belle lurette.Le 25 mai crée un trou d’air dans le calendrier universitaire en République démocratique du Congo. C’est un trou non officiel mais réel.
La tenue verte – blanche absente des sites universitaires
Le code vestimentaire kimbanguiste est codifié : chemise blanche, pagne ou pantalon vert pour les hommes, pagne vert et chemise blanche pour les femmes. C’est la tenue du 25 mai chaque année.Pourtant, à l’Université Pédagogique Nationale, comme dans plusieurs établissements, la tenue verte et blanche a été quasiment invisible en cette date. Les portails, les auditoires, les bibliothèques ont gardé les couleurs ordinaires.
Deux calendriers, une tension structurelle ?
Le 25 mai n’est pas reconnu par la loi comme jour férié. L’université fonctionne donc. Mais l’Église Kimbanguiste, troisième confession du pays, en fait un jour d’obligation pour ses fidèles. L’institution universitaire fait face à un absentéisme prévisible et massif, sans pouvoir le nommer ni le réglementer. Elle s’adapte dans les faits, pas dans les textes. Les report d’examens, de séances des cours, par exemple, ne mentionnent jamais le motif religieux. Ils invoquent des « raisons organisationnelles » pour certains. Quel sort pour les étudiants Kimbanguistes ayant raté les examens du jour pour célébrer « Noël» à la paroisse, je m’interroge.

Quand une communauté représente une part significative du corps étudiant et enseignant, son calendrier s’impose aussi bien par le vide. Les amphithéâtres ne se remplissent presque pas. Les autorités académiques arbitrent alors entre deux risques : maintenir les épreuves et générer un taux d’échec élevé, ou décaler et désorganiser la session.
Le 25 mai 2026, l’université plie sans le dire !
Le 25 mai est devenu un marqueur. Il révèle le poids démographique kimbanguiste jusque dans l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations. Il pose une question simple : jusqu’à quand le calendrier de l’État peut-il ignorer le calendrier qui mobilise des millions de citoyens ? En attendant, chaque 25 mai, les sites universitaires du pays tournent parfois au ralenti. Sans banderole, sans témoignage, sans polémique. Juste un constat : la science cède du terrain à la prière.
